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Pour une sensibilité suisse des patrons d’entreprise

Esther Coquoz

Près de la moitié des patrons en Suisse est d’origine étrangère. Et la nomination récente de deux dirigeants allemands à la tête de Lonza et de Publigroupe, rappelle que les passeports helvétiques seront bientôts minoritaires dans cette fonction.

Rien de très étonnant, pour un pays comme la Suisse, dont la force de frappe économique contraste avec l’étroitesse de son marché domestique.

Pourtant, en cette période de franc fort, l’attachement des dirigeants d’entreprise au pays peut faire la différence.

Dernier exemple en date: Novartis à Prangins. L’américain, Jo Jimenez, a considéré le site commme un simple centre de coûts, sans considérer les alternatives pour maintenir une production rentable. C’est quand Daniel Vasella, président du conseil, est entré dans la discussion, lui qui a grandi à Bâle et s’est retrouvé interpellé jusque dans son village, que des solutions ont pu être envisagées.

Les syndicats le confirment: il est très difficile de faire comprendre le partenariat social helvétique aux patrons étrangers. Souvent, les Européens se contentent de respecter les lois, très lacunaires en Suisse, où la paix du travail dépend avant tout des conventions collectives. Les Anglo-saxons ont tendance à réagir dès qu’un résultat trimestriel est décevant, aux dépens des perspectives à long terme. Et beaucoup hésitent à recourir au chômage partiel, cette recette anti-crise typiquement helvétique.

Il faut donc maintenir des représentants du tissu local dans les instances dirigeantes des entreprises, même si la loi n’impose plus la présence d’une majorité de ressortissants helvétiques dans les conseils d’administration. Une règle trop rigide, mais qui pourrait refaire surface, si le maintien des emplois industriels en Suisse se trouve menacé.

Esther Coquoz

2 réactions

  1. cybermamy
    Le 16 avril 2012 à 8:44

    Ce problème me rappelle une parole de Nicolas Hayek : « A la tête des entreprises on a besoin d’entrepreneurs ».
    Malheureusement, ce sont des financiers qui dirigent toutes les grandes entreprises et quelquefois j’ai l’imprssion que la seule chose qu’ils connaissent dans leurs entreprises ce sont les livres de comptes et non les produits qui y sont élaborés.

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  2. PATRICE
    Le 14 avril 2012 à 10:30

    Bonjour Esther,
    bien vu et je me trouve parfaitement en accord avec vos commentaires.
    Mais je sens que « les dirigeants suisses d’entreprises suisses »… ne se rendent pas bien compte que la globalisation mondiale va vite voir très très vite et prend tout avec elle.

    Amicalement
    patrice schaer

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