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RSR – Le Blog de Signature

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Signature, le blog-commentaire de la radio suisse.

Chaque matin à 7h36 sur La 1ère, un commentaire, une analyse originale des meilleures plumes de la rédaction. Le monde bouge, les idées réveillent. Signature, c’est un regard sur l’actualité et la société. Etonnant, dérangeant, pertinent ou irritant, mais jamais indifférent, Signature c’est chaque matin du lundi au vendredi sur les ondes de La 1ère et en version écrite sur signature.rts.ch, ouvert à vos remarques, avis et commentaires que vous pouvez poster sur notre site.

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Urs Gfeller

La baisse du taux de chômage en Suisse, au mois d’avril, de 3,2 à 3,1%, fait partie de ces informations dont la caractéristique est de passer inaperçues. « Good news is no news » disent les Anglo-Saxons pour décrire le fait qu’une bonne information n’est pas forcément une information digne d’intérêt. Personne ou presque n’a retenu le fait que le chômage a baissé, pour le deuxième mois consécutif, alors que d’augustes prévisionnistes annonçaient, l’automne dernier, une augmentation du chômage du fait de la conjoncture et de la baisse de l’euro par rapport au franc suisse.

Ainsi, l’Institut conjoncturel Créa a-t-il cru devoir annoncer que la Suisse pourrait tomber en récession en 2012. De la même manière, l’Union syndicale suisse a-t-elle jugé utile d’affirmer que le franc dit fort entraînerait la perte de cent mille emplois et une contraction du PIB, du Produit intérieur brut, de 3%. Même le SECO, le Secrétariat d’Etat à l’économie, n’a pas résisté à la tentation de publier des prévisions alarmistes puisqu’il expliquait, en décembre, que le ralentissement économique s’accompagnerait d’une hausse du chômage durant les dix-huit prochains mois.

Ces prévisions non-fondées jettent une lumière crue sur les limites de la prévision conjoncturelle. Autant consulter Madame Soleil, qui avait ouvert un cabinet d’astrologie, à Paris, où elle prédisait l’avenir à diverses personnalités. Ou, mieux encore, renoncer à publier des prévisions dont on sait qu’elles sont souvent démenties par les faits.

Urs Gfeller

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Chrystel Domenjoz

L’arme militaire a toujours le droit de trôner dans les foyers suisses, mais les choses ont heureusement évolué depuis la votation du 13 février 2011.

On assiste même à des événements étonnants. Comme la commission de politique de sécurité du National unanime à demander des comptes au Conseil fédéral à propos de 733 dossiers en suspens. 733 personnes susceptibles de se faire retirer leur arme de service en raison du danger qu’elles représentent. Unanime aussi à recommander la confiscation des armes à toute personne qui s’est montrée menaçante ou violente. 

Une telle unité de vue, de l’UDC au parti socialiste, était encore impossible il y a quelques mois.

Dommage que cette salutaire évolution s’explique essentiellement par la multiplication – après la votation – des drames impliquant une arme de service, dont le meurtre d’un policier bernois il y a un an. Des drames, comme autant de rappels que finalement le citoyen suisse n’est pas cet être responsable et mûr décrit lors de la campagne.

La réalité est un désavoeu cinglant, qui n’offre d’autre choix aux partisans de l’arme à la maison que de ne plus laisser passer une seule faille dans le système, un seul manquement de l’armée. Mieux, cela a permis d’en débusquer. Autant de progrès qui auraient été impossibles sans cette campagne de votation. Car les partisans de l’arme à la maison ont vanté une Suisse sûre malgré des miliers de fusils et de pistolets en circulation, ils se retrouvent désormais liés par leurs promesses.

Bien sûr, dire adieu aux armes à la maison aurait été beaucoup plus simple et plus efficace. Cela reste même le but à atteindre à terme. Mais à défaut, ce débat a au moins eu le mérite de mettre les politiciens face à leurs responsabilités.

Chrystel Domenjoz

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Roger Guignard

 Pendant des mois, les mauvaises langues de la République, celles des camarades socialistes au premier chef, ont ironisé sur le prétendu manque d’envergure du candidat Hollande. La caricature du « Monsieur petites blagues » collait aux basques du député de Tulle, incarnation de la « gauche molle », déclarait même une Martine Aubry venimeuse. Le face-à-face avec Nicolas Sarkozy, sa première allocution présidentielle ont largement dissipé cet a priori : François Hollande a l’intelligence et la stature d’un homme d’Etat. Le candidat « normal » s’est bâti une trajectoire présidentielle et possède les qualités pour succéder à François Mitterrand. Au point, titrait le journal « Le Monde » du 4 mai, de « mettre ses pas » dans ceux de l’ancien président. Pour le verbe, et pour le style, sûrement, mais avec une différence de taille, et très lourde de signification : François Mitterrand, tout le monde l’appelait « Monsieur le Président », avant même l’élection de 81. François Hollande, pour beaucoup, reste « François », tout simplement !

Une nuance symbolique et de taille, qui n’a pas échappé à la très fine plume de notre confrère, et brillant chroniqueur politique, Alain Duhamel : « Le mystère Hollande, dit-il, n’est pas celui de l’envergure, c’est celui de l’autorité ». Et voilà bien le grand défi du nouveau président : démontrer qu’il a les qualités de leadership. Faire preuve d’autorité pour « promettre moins et tenir plus », face aux revendications d’un Front de gauche, qui rêve déjà de partager les richesses. Montrer de la poigne et de la fermeté à l’endroit d’une Angela Merkel, qui martèle déjà son refus de modifier le pacte budgétaire européen. Il lui reste à tisser l’étoffe du patron, à inspirer le respect…très vite !

Roger Guignard

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Claude Défago

11 mars, le peuple suisse, le peuple de la plaine et des villes, accepte l’initiative bloquant la construction des résidences secondaires. Des milliers d’emplois sont menacés dans les cantons alpins.

24 avril, Merck Serono supprime 1300 emplois dans l’arc lémanique.

11 mars, hors les régions concernées, aucune réaction. Ni politique, ni syndicale, ni médiatique.

24 avril, les superlatifs pleuvent: tsunami, cataclysme, coup de massue…. Aucun mot n’est trop fort pour dire la dureté de la décision du géant de la pharma.

Deux dates, deux catastrophes et…, surtout, deux poids, deux mesures dans l’analyse, le commentaire et la mobilisation.

Bien sûr, le géant de la chimie est établi à Genève et dans l’Arc lémanique.

Bien sûr, la suppression d’emplois est spectaculaire, massive, simultanée et quasi immédiate.

Bien sûr, la multinationale est allemande et c’est sa décision. Qui, elle, n’a pas le poids et la légitimité d’un vote populaire.

Les résidences secondaires, c’est une constellation de petites entreprises de quelques employés réparties dans une multitude de vallées alpines. Sait-on seulement, dans l’Arc lémanique, qu’elles existent?

Ces deux événements révèlent clairement, et dangereusement, les fossés qui se sont creusés dans notre pays.

Le fossé du fédéralisme, le fossé plaine – montagne, le fossé entre la région lémanique et ce qu’elle considère comme son arrière-pays.

Cela signifie aussi qu’il y a en Suisse, des emplois – Novartis, Merck Serono- qui méritent que l’on se batte pour eux ou qu’on les pleure. Et d’autres… tout simplement soldés sans état d’âme.

Les régions de montagne ne se réjouissent pas du drame que vit l’Arc lémanique. Mais elles n’acceptent pas l’indifférence, – quand ce n’est pas du mépris – réservée à leurs emplois.

Claude Défago

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