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RTS – Le Blog de Signature

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Signature, le blog-commentaire de la radio suisse.

Chaque matin à 7h36 sur La 1ère, un commentaire, une analyse originale des meilleures plumes de la rédaction. Le monde bouge, les idées réveillent. Signature, c’est un regard sur l’actualité et la société. Etonnant, dérangeant, pertinent ou irritant, mais jamais indifférent, Signature c’est chaque matin du lundi au vendredi sur les ondes de La 1ère et en version écrite sur signature.rts.ch, ouvert à vos remarques, avis et commentaires que vous pouvez poster sur notre site.

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Pascal Jeannerat

La Confédération et les banques suisses entreront désormais en matière sur l’échange automatique d’information. Ces déclarations historiques de leurs représentants n’ont rien d’une capitulation. Au contraire, car cette ouverture a été assortie d’une condition essentielle, à savoir que tous les concurrents se conforment eux aussi aux standards. C’est une stratégie offensive que la Suisse peut désormais se permettre et qu’il est réjouissant de voir enfin appliquée.

Jusqu’ici, c’est sur la pointe des pieds et avec parfois une colère très rentrée que certains banquiers -fâchés d’être montrés du doigt par des politiques ne balayant même pas devant leur porte, évoquaient les trusts étrangers. Ou d’autres types de structures où se dissimulent par centaines de milliards les fortunes et actifs non déclarés du monde entier. Tendre aujourd’hui franchement le miroir, exiger des autres Etats, de tous les Etats, américain et britannique compris, qu’ils pratiquent eux-mêmes ce qu’ils exigent des autres est un levier opportun dans les négociations qui s’annoncent.

D’abord parce que l’échange automatique n’est ni un système reconnu ni encore abouti. Il existe donc une marge de manœuvre pour en influencer les contours, au sein de l’OCDE, et même vis-à-vis de l’Union européenne. Sur plusieurs points, comme la confidentialité des données, les nœuds arriveront bientôt au peigne. Et la Suisse pourra alors faire valoir les vertus de l’imposition à la source, ou de l’échange allégé prévu dans son modèle FATCA avec les Etats-Unis.

Et puis, les banques suisses ont besoin de deux concessions. L’accès au marché de l’UE, pour ne pas voir des milliers d’emplois s’y délocaliser depuis la Suisse d’une part, et d’autre part la régularisation des fonds non déclarés. Des fonds qui exposent de plus en plus clients et banquiers à des poursuites à l’étranger et qui constituent souvent un véritable poids pour les banques. On le voit, il faut sortir de l’ornière. Et si pour réussir le prix à payer devait être une percée de l’échange automatique, ce n’en sera pas moins un coup gagnant.

Pascal Jeannerat

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Esther Coquoz

La décision du Conseil Fédéral sur la clause de sauvegarde est purement symbolique. Simonetta Sommaruga l’a reconnu elle-même: les contingents ne sont pas efficaces pour endiguer les flots migratoires.

Par ce geste, le gouvernement veut donc surtout  montrer qu’il est à l’écoute des inquiétudes des Suisses. L’intention est louable, mais cette politique du symbole comporte des risques majeurs.

Tout d’abord, elle contribue à répandre l’image d’une libre circulation aux effets néfastes. Car même si le Conseil Fédéral rappelle que  l’immigration européenne participe à la prospérité économique du pays, par sa décision, il renforce son caractère menaçant.

Ensuite, l’inefficacité de la mesure pourrait anéantir l’effet escompté du geste symbolique.

La clause de sauvegarde n’est activée que pour un an. Dans bien des cas, elle sera en plus contournée par les permis de travail de courte durée, qui ne sont pas concernés par cette limitation.

Et d’autres mesures plus concrètes pour le citoyen, comme le développement des infrastructures ou de logements bon marchés, peinent à voir le jour. Les Suisses s’en rendront compte, et l’UDC se frotte déjà les mains: c’est autant de partisans supplémentaires pour son initiative contre l’immigration de masse, qui menace directement la libre circulation.
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Sur le plan extérieur, l’Union Européenne a déjà communiqué sa déception. Au moment où un compromis se dessine pour régler les relations institutionnelles avec Bruxelles, la Suisse vexe ses partenaires. Avec le risque de retarder un processus crucial, en pleine remise en question du secret bancaire.

Dans le contexte actuel, la politique européenne de la Suisse mérite donc mieux qu’un symbole bien fragile.

Esther Coquoz

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Christian Favre

Avec le retour en Suisse des deux ex-otages bernois au Pakistan, le Département des affaires étrangères avait l’occasion de faire bel un exemple : celui qui méprise les recommandations officielles et prend des risques inconsidérés lors d’un voyage, doit désormais en supporter les conséquences. Et donc participer au remboursement des frais occasionnés.
 
Un message asséné à juste titre par Didier Burkhalter, qui depuis son arrivée à la tête du DFAE a été confronté à plusieurs cas d’enlèvements.

Or que c’est-il passé ? Plutôt que de passer à la caisse, les deux globe-trotter ont dû prodiguer un peu de sensibilisation, en s’astreignant à relater leurs mésaventures dans des écoles de tourisme.

Voilà un arrangement bien avantageux, pour ne pas dire scandaleux, surtout quand on se rappelle que les suites de cette escapade au Baloutchistan – un des coupe-gorges les plus hostiles de la planète – a occupé 15 fonctionnaires durant plus de huit mois, pour des frais estimés à plusieurs millions de francs.

Une solution d’autant plus incompréhensible que depuis le début des années 2000, des dizaines de situations d’urgences ont mobilisé le département. Et les deniers de la Confédération. En 2003 et en 2009 par exemple, la libération d’otages suisses au Mali aurait coûté à chaque fois près de 6 millions de francs.

S’il veut que ses efforts de prévention portent un tant soit peu leurs fruits, le DFAE ne doit pas seulement montrer le bâton, il doit aussi oser s’en servir. Et exiger des remboursements conséquents. Comme le font la Hollande, l’Allemagne, ou les pays anglo-saxons.

Chacun est libre d’aller ou bon lui semble. Mais à condition d’en assumer les conséquences. Ce n’est pas aux contribuables de payer pour les aventures irresponsables de quelques têtes brûlées.

Christian Favre

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Raphaël Aubert

C’était au moment de l’affaire Bousquet. Attaqué sur les liens qu’il avait maintenus avec l’ancien secrétaire général à la police de Vichy, François Mitterrand s’était défendu en disant qu’il était « nécessaire de mettre un terme à la guerre civile permanente entre Français ». S’il est un homme politique qui avait le sens de l’Histoire, au moins autant que de Gaulle,  c’est bien le prédécesseur socialiste de l’autre François. Car il ne s’agissait pas alors pour Mitterrand de s’absoudre lui d’abord, dont Louis Joxe disait qu’il avait été vraiment pétainiste avant d’être vraiment résistant.

Plus profondément, en parlant de guerre civile, le natif de Jarnac faisait référence à cette ligne de fracture, toujours la même, séparant la France en deux depuis que la France est France : Bourguignons contre Armagnacs, républicains contre monarchistes, Jacobins – en faveur d’un pouvoir fort – contre Girondins. Or ces clivages n’ont nullement disparu.

Ainsi qui défile aujourd’hui dans les rues des grandes villes françaises contre le mariage pour tous? Sinon pour une bonne part les héritiers de ceux, Chouans et Vendéens, qui jadis affrontaient  presqu’à mains nue les troupes envoyées par la Convention. Moins tant d’ailleurs par opposition à la République que par attachement à une certaine idée de la société, de la famille.

Et cette certaine idée est sans doute bien plus répandue aujourd’hui encore que tous les conseillers en communication et tous les sondeurs ne l’affirment. Il y avait pourtant bien d’autres manières de satisfaire la minorité concernée par le projet de loi que ce passage en force qui ramène la France à ses vieux démons.

Raphaël Aubert

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